CR trail du vulcain

Publié le par Eric

Tout a bien commencé ce samedi 7 mars avec un accueil chaleureux de Miaou du forum AE qui nous offrait le gîte et le couvert avant d’aller nous mesurer au géant d’auvergne. On échange nos impressions et nos attentes histoire de se rassurer un peu car en plus de la distance et du dénivelé c’est rajouté malicieusement une météo de saison pour la région (ben oui ! le printemps c’est pour dans 15 jours) .

 

Réveil facile à 6h , gatosport et café, nous nous préparons tranquillement avant de rejoindre Volvic lieu de départ de ce trail de 35 ou 58 km au choix . Le thermomètre  affiche –5 ° , le ciel nuageux ne prédit rien de bon et effectivement alors que l’on vient juste de retirer les dossards, des flocons éparses font leur apparition. Ca promet une belle journée !

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8h20 : On rejoint la zone de départ, petite photo souvenir, derniers encouragements et c’est parti à 8h30 pétante !

Nous sommes dans les dernières positions cela me convient très bien car ça évite au moins de partir en sur-régime. De toute façon ça monte déjà pas mal en traversant le village et avec Mario on s’échauffe doucement en marchant dès que le % augmente de trop (les 2 premiers km en 14 mn ! ) On rejoint rapidement de larges sentiers qui nous permettent de prendre un rythme d’ascension raisonnable.

On avale le premier gros morceau (500m de d+ pour 8km ) en un peu moins d’1 h. Les sentiers se sont transformés en monotrace recouvert de feuilles et sous les feuilles …. Des plaques de glace !! Bonjour les glissades !

Le paysage en foret est superbe avec le givre sur les arbres, l’ambiance sympa et les jambes qui suivent, bref que du bonheur….Quoique …. Il devient de plus en plus dur d’aspirer le tuyau du camel, les températures chutant aussi vite que l’on monte, l’eau à la mauvaise idée de faire des glaçons sans parler des barres énergétiques  sur lesquelles on se casse les dents !

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2eme heure de course et 16 km parcouru. On a alterné courte descente nerveuse et longue montée abrupte ou il est parfois nécessaire de s’aider des mains pour éviter de redescendre en glissade de quelques mètres durement gagnés. Un passage laborieux en dévers avec une corde suivi de quelques marches de glace….Brian Joubert sort de ce corps ….

Puis c’est un long plat qui nous mènera au premier ravito où Mario se sent pousser des ailes tout en discutant avec 2 sympathiques auvergnats avec une allure frôlant les 12 km/h.

Premier signe de fatigue pour moi, il faut dire aussi que le vent et la neige qui tombe sérieusement n’arrangent rien.

On nous annonce –10 ° au ravito .Je ne sais pas alors si c’est le froid ou quoi mais lorsque je fais le plein du camel, je mets du fructose comme ci il était vide sauf qu’il est déjà au ¾ plein ! Je me retrouve alors avec une boisson sur dosé en sucre. Le froid fait alors son boulot, les doigts sont gelés, Mario me presse de repartir sous peine de finir en esquimau. C’est aussi ici que l’on choisit de partir sur le petit ou le grand parvulcain03.jpgcours, allez ! On est pas venu ici pour ne faire que 30 bornes ! neige ou pas on verra bien !

Nous sommes bien content de rejoindre la foret à l’abri du vent pour attaquer un nouveau tronçon qui doit nous mener au pied du puy de dôme.

Mario ouvre la route depuis le début, déjà il est bien meilleur que moi en descente mais même en montée, son allure devient de plus en plus dur à tenir. Mais bon je m’accroche, enfin il est surtout patient et m’attend régulièrement, surtout les passages relativement plats où j’ai de plus en plus de mal à courir continuellement, résultat : on double et se fait rattraper toujours par les mêmes coureurs ce qui permet de se chambrer et sympathiser.

Juste avant d’attaquer la dernière montée avant le ravito situé au pied du géant, on nous annonce que vu les conditions, l’ascension est annulée. Je ne vous cache pas que ça me fait ni chaud ni froid (enfin si l’on peut dire ) car je suis à ce moment la tête dans le seau : Une crampe à la cuisse droite suivi d’un méga coup de bambou à l’approche de la tente bienfaitrice du ravito me sape un peu le moral. Je me pose alors le cul dans la neige même pas la force de me ravitailler, c’est Mario qui va s’occuper de son vieux pote v1 !

Le cantal, le saucisson et le café servi à domicile me requinque un peu mais le moral est atteint.c’est qu’on est pas arrivé ma pov’dame !

Je soupçonne ma boisson hyper dosé d’être la cause de mon coup de moins bien et rempli le camel au taquet de bonne eau made in Volvic.

 

On attaque la 4eme heure de course. Le quart d’heure de pose m’a fait du bien.

. Dès que l’on sort de la forêt le vent, la neige et le froid fond baisser encore un peu plus le curseur de mon moral déjà bien atteint, heureusement que la bonne humeur générale qui règne dans la course entre coureurs et bénévole donne un sens positif à cette situation.vulcain05.jpg

Mario semble vraiment facile et m’entraîne à une allure régulière de 9.5 km/h pendant 8km jusqu’au dernier ravito où nous ne nous attardons pas plus que ça malgré un thé délicieux..

Allez comprendre pourquoi, depuis quelques minutes maintenant mon moral est remonté en flèche et c’est le couteau entre les dents que je repars pour les 16 derniers km. Mario lui, m’avoue une baisse de régime : rassure-toi ça ne ce voit pas ! D’ailleurs alors que l’on attaque l’ascension du puy des gouttes, une montée sèche et technique à cause des appuis qui glissent, il me lâche sans le vouloir. Malgré mon moral en hausse, je suis dans le rouge. Je suis incapable de relancer au sommet pour revenir sur mon binôme et m ‘assois même 2 mn histoire de récupérer et profiter du paysage « nuageux » de ce puy. Un coureur me sort de mes rêves en m’encourageant à repartir sous peine d’attraper la mort et de me retrouver en statue de glace.

Je reprends ma course sur la crête de puy par un chemin étroit qui ne permet pas, malgré la pente descendante de bien récupérer.

Le fait de savoir Mario juste devant me booste un peu et même si je sais qu’il me prendra du temps dans les descentes, je ne désespère pas de le rejoindre et c’est à une bonne allure régulière que j’enchaîne les km (entre 5,40 et 6 mn au km). Je rattrape et double d’ailleurs régulièrement des concurrents, moi qui me croyais mauvais descendeur…Ca fait du bien au moral ! ..

45 eme km : On attaque la dernière difficultée du jour : Le Puy de la nugère. J’aperçois alors Mario qui attaque les premières pentes. Je l’appelle, il semble aussi surpris que moi de me voir, je ne pensais pas pouvoir le rattraper  à la faveur de la descente. J’avale rapidement une gorgée d’eau du pays que me tends un bénévole et je m’attaque à mon tour à cette dernière montée.

Je rattrape une concurrente qui me lance au moment ou je la double :

-         C’est un truc d’homme votre truc !

-         Ben heu….pas vraiment vous êtes devant moi !

-         Ah non, moi je suis sur le 35 km…..

-          Oupssss ….Effectivement ….bon courage !

Je reprends ma course en avant pour tenter de revenir sur Mario mais après quelques mètres de montée, une crampe amorce un début d’apparition. Je m’étire tout de suite la jambe lorsqu’un coureur surgit derrière moi,  s’arrête, me demande si ça va, et me tend son dernier cachet de sporténine avant de repartir comme un cabri ! Mario le verra un peu plus tard le doubler comme une flèche un peu pus tard…En attendant, je termine l’ascension tranquillement  histoire de garder des forces pour les derniers km tout en descente. Descente qu’il faut faire pratiquement en rappel sur le premier km .Je me rattrape plusieurs fois in extremis en évitant la gamelle et je suis bien content de retrouver une pente plus douce pour laisser exprimer ma grande foulée du à mon mètre 92.

Je suis seul depuis un bon moment maintenant. Personne devant ni derrière.

Les 6 derniers km sont très roulants mais il faut quand même faire attention car les ornières gelées sont assez traitent pour les chevilles et je marche parfois pour passer certains passages compliqués. Les km s’enchaînent maintenant à bonne allure : ça sent l’écurie !!

Je me suis fait à l’idée que je ne rattraperais pas Mario même si je ne lâche pas l’affaire, mais dans les descentes c’est un avion comparé à moi !

J’aperçois la lisière de la forêt qui indique aussi l’entrée dans le village de Volvic, je passe la barrière et là  sur le dernier appui avant de toucher le bitume de la route mon pied glisse sur une plaque de verglas et je me retrouve à l’horizontale en apesanteur ! Pas longtemps je vous rassure, l’apesanteur me rappelle rapidement vers cette traîtresse  plaque de verglas et je m’écrase comme une crête les bras en croix ! Ca c’est de la gamelle !! Même pas mal !

Je m’assois et rigole tout seul en m’imaginant mon vol mais bon c’est pas tout ça, j’ai une course à finir moi ! Je repars pour avaler ces deux derniers km  où je subis plutôt la pente plutôt que de la maîtriser mais bon, je savoure quand même ces derniers mètres avant de franchir la ligne installée judicieusement à l’intérieur du gymnase.

Au chrono 7h19 ….

 

Je cherche autour de moi mon binôme.. Pas de trace …Tans pis, direction le ravito  placé moins judicieusement en haut des tribunes (c’est bon pour le décrassage la montée de marches ??) Je dévalise le cantal de la gentille bénévole prends un café, on se félicite entre coureurs, mais toujours pas de Mario …

Je l’aperçois enfin vautré sur une table près de la ligne d’arrivée. Il pourrait se tenir pour m’attendre non mais !! Je le rejoins et m’aperçois alors qu’il est en vrac, essoufflé et transpirant.

-         Put..n ! Je me suis planté de route j’ai fais au moins 2 bornes de + ! j’ai terminé au taquet pour te rattraper !!

Je me retiens un peu (un peu seulement !! ) de rire et le rassure : Pour mon premier ultra lors du raid j’avais moi aussi fais une erreur d’aiguillage . Bon je le félicite quand même et surtout le remercie d’avoir supporté mes gémissements si longtemps.

 

Un coup de fil à Miaou , un bon repas termine cette course qui restera un très bon souvenir malgré les conditions difficiles mais vraiment une super ambiance et une super organisation à tous les points de vue.

 


7h 19  pour  56 km et 1700 m de D+
119 sur 209
54 eme dans ma nouvelle catégorie

Publié dans Compte-rendu de course

Commenter cet article

Airv44 02/04/2010 18:52



Magnifique course, mais trop froid pour moi ;-) Bravo à toi, tu prends de l'altitude ;-)



phillo 29/03/2010 20:28


Bravo Eric, un bon récit de persévérence et de joyeux patinage.


Sydoky 22/03/2010 22:56


Eh bien bravo pour ce trail d'hiver !!! Il faut un sacré mental, tu es arrivé au bout, chapeau !