CR Golfe du Morbihan

Publié le par Eric

Pas trop d’appréhension ce matin de ce défi qui se présente devant moi. Il faut dire aussi que les préparatifs de la course plus celles des vacances font que mon esprit n’est pas encore totalement dans l’événement. Dernier check-up des sacs et départ avec 1h de retard direction le Golfe du Morbihan.

3h30 plus tard arrivée à Arzon au camping du Tindio, installation des tentes avant de m’habiller enfin en « coureur ».Il est déjà 15h30, la rencontre AE va être brève ! Sur le trajet nous croissons des « grands raideurs »du 177 km le long de la départementale. Pratiquement 24 h de course et la route est encore longue….

Enfin le parc des expos ! Dans 1h le départ mais je ne suis pas encore dans ma course.

Retrait du dossard, dépose du sac pour Sarzeau et j’ai enfin le temps de rejoindre une partie de l’équipe AE (RV44, Bonobo, Gourdoda). Quelques photos plus tard et un dernier bisou à ma femme et ma fille nous allons nous placer sur la ligne. Je cherche Bruno (Bonobo) que je croyais avec nous car je pensais faire un bout de route avec lui car nous avions le même objectif même si lui avait prévu de suivre la méthode Cyrano (9mn de course, 1mn de marche).

Je me retrouve donc avec Damien et  Herve qui eux ont des objectifs bien plus hauts que les miens mais bon, j’avoue que ça me rassure un peu d’être à coté de « visage connu » car je n’en mène pas large surtout que je me rends compte doucement dans quel truc de fou je viens de mettre les pieds !

Le départ donné avec 5 mn de retard nous libère enfin pour 88 km. Je suis parti pour mon premier ultra !

Nous traversons Vannes en compagnie de Damien et Antoine (Under4junior) à un rythme raisonnable regardant régulièrement nos chronos et notre allure afin de ne pas nous cramer dès le début.

J’ai choisi de ne pas mettre ma ceinture cardio d’une part pour éviter les éventuels frottements sur une si longue distance et surtout pour ne pas prendre trop peur en lisant les chiffres ! Mes temps au km me suffisent largement.

Les 10 premiers km sont agréables, nous échangeons nos impressions avec Damien. Doucement le stress retombe et je rente enfin dans ma course mais je me rends compte aussi que les jambes sont lourdes, impression de fatigue…. Je décide donc de ralentir un peu mon allure et laisse filer Damien en lui souhaitant une bonne course.

J’atteins Séné le premier ravito en 2h00. Quelques fruits secs, le plein du camel-bag et c’est reparti. Un ravito éclair comme j’ai l’habitude de les faire sauf que je ne suis pas sur une course normale et même si je garde une allure régulière ponctuée de quelques arrêts photo, je sens cette sensation de fatigue et de lassitude augmenter de plus en plus.

Je suis souvent seul ne trouvant pas de groupe correspondant à mon allure et les questions quand à ma faculté d’aller au bout se bousculent de plus en plus alors que l’on a même pas atteint le marathon et que je suis déjà cuit !!

Arrive enfin le 2eme ravito dans une salle communale surchauffée. On y sert soupe, pâtes, jambon, mais je ne pense qu’à prendre une bouteille d’eau et sortir m’asseoir un peu pour faire le point. On ne peut pas dire que je baigne dans l’euphorie. Je ne suis pas encore à la mi-course et j’ai déjà des idées d’abandon. Je sais aussi que le prochain ravito est à 20 bornes, au mieux dans 2 heures…Je repense alors à Airv44 qui nous racontait qu’au trail du Layon il avait connu un « trou » durant 2 h avant de continuer comme ci de rien était. Je me décide alors à repartir non sans avoir trouvé un peu de réconfort en téléphonant à ma femme et en lui disant que si j’atteins Sarzeau le plus dur était fait.

En route donc pour 20 bornes de galère.

La machine est dure à remettre en route. Je décide de prendre la méthode de Bruno  et pendant 1 heure ça ne marche pas trop mal. Puis, les chemins laissent place à de la monotrace et je rencontre les « petits traileurs » du 56 km et je me rends compte alors qu’il y a surtout des marcheurs. Difficile alors de garder un rythme régulier à essayé de doubler continuellement en sortant de la trace, un coup à se tordre la cheville surtout que la luminosité baisse sérieusement maintenant.

Les périodes de marche augmentent régulièrement, les cuisses brûlent de plus de plus et il  faut que je me fasse violence pour courir. Putain, qu’est-ce que je fous là !!

Je prends l’excuse de mettre ma frontale pour m’allonger un peu. Je suis à moins de 4 km du ravito et je profite d’un petit groupe auquel je m’accroche péniblement pour atteindre Sarzeau et son gymnase.

C’est là aussi que j’aperçois Damien assis sur le bord du trottoir et son abandon termine de m’achever !

Je décide de m’arrêter 1h.

Déjà bien manger ! Soupe, sandwich à la rosette coca tout ce qui me passe sous la main est bon à prendre.Je récupère ensuite mon sac d’assistance et m’allonge pendant une bonne demi-heure sur un lit. Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas le seul dans cet état et beaucoup cherche à se faire masser pour pouvoir récupérer un peu. Le temps passe et il faut quand même prendre une décision. Un bénévole explique à un de mes voisinsde « chambré » que le parcours qui nous attend est plus technique avec racines, branches, escaliers….Joli programme !

Minuit 15, il me reste 12h pour faire 30 bornes !

Après mettre changé de la tête au pied, je remets le camel-bag et la frontale et repart le couteau entre les dents !

Pour éviter de me retrouver seul trop vite je suis un petit groupe, bien pratique pour sortir de la ville sans se tromper. Les minutes passent et miracle les douleurs et la fatigue laissent place lentement mais sûrement au plaisir et à l’euphorie de se retrouver là. Je décide de profiter de ce bon moment  et de courir le plus longtemps possible pendant que la route est encore roulante.

Les premières difficultés arrivent dès que l’on rejoint le bord de mer avec de nombreux escaliers irréguliers à descendre puis remonter immédiatement après, quelques passages sur du sable et principalement de la monotrace ce qui complique un peu les choses lorsque l’on veut doubler. Car bizarrement je double pas mal de monde et je m’aperçois que lorsque je suis en mode « course » j’ai toujours une allure d’environ 10 km/h. C’est donc plein d’espoir pour la suite que j’arrive à l’avant dernier ravito. Un petit quart d’heure de pose, de nouveau une soupe et me revoilà parti derrière un bon meneur d’allure.

Le parcours accidenté oblige à rester tout le temps vigilant et bouffe pas mal d’énergie.

Dernier ravitaillement : Même si la fin est proche, je m’accorde tout de même mon ¼ d’heure syndical !

Pratiquement 11 h  de course et la fatigue est bien là. Il me faudra 10 bonnes minutes de marche et u bon coup de pied au cul pour me remettre à courir.

Encore quelques passages délicats, quelques bonnes montées et des escaliers que j’aime de moins en moins…Les km défilent lentement surtout que je me rallonge d’un petit km en faisant un petit tour en ville.

De retour dan le droit chemin, l’arrivée se fait désirer ! On entend le speaker, on voit de lumières mais le chemin est bien long. Je sais cependant que j’ai réussi à aller au bout de mon rêve t durant ces dernières foulées ma tête est en ébullition et ce n’est qu’une fois passé la ligne que je réalise vraiment que je viens de finir mon premier ultra.

 

 

Publié dans Compte-rendu de course

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olive16 09/08/2009 23:05

eh bien dis moi chapeau , fallait aller au bout et tu l'as fait , toutes mes félicitations

Alain 02/08/2009 11:59

Bravo,Cà fait plaisir de te lire