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- 29 novembre 2009 : Marathon de La RochelleMon carnet
Pas trop d’appréhension ce matin de ce défi qui se présente devant moi. Il faut dire aussi que les préparatifs de la course plus celles des vacances font que mon esprit n’est pas encore totalement dans l’événement. Dernier check-up des sacs et départ avec 1h de retard direction le Golfe du Morbihan.
3h30 plus tard arrivée à Arzon au camping du Tindio, installation des tentes avant de m’habiller enfin en « coureur ».Il est déjà 15h30, la rencontre AE va être brève ! Sur le trajet nous croissons des « grands raideurs »du 177 km le long de la départementale. Pratiquement 24 h de course et la route est encore longue….
Enfin le parc des expos ! Dans 1h le départ mais je ne suis pas encore dans ma course.
Retrait du dossard, dépose du sac pour Sarzeau et j’ai enfin le temps de rejoindre une partie de l’équipe AE (RV44, Bonobo, Gourdoda). Quelques photos plus tard et un dernier bisou à ma femme et ma fille nous allons nous placer sur la ligne. Je cherche Bruno (Bonobo) que je croyais avec nous car je pensais faire un bout de route avec lui car nous avions le même objectif même si lui avait prévu de suivre la méthode Cyrano (9mn de course, 1mn de marche).
Je me retrouve donc avec Damien et Herve qui eux ont des objectifs bien plus hauts que les miens mais bon, j’avoue que ça me rassure un peu d’être à coté de « visage connu » car je n’en mène pas large surtout que je me rends compte doucement dans quel truc de fou je viens de mettre les pieds !
Le départ donné avec 5 mn de retard nous libère enfin pour 88 km. Je suis parti pour mon premier ultra !
Nous traversons Vannes en compagnie de Damien et Antoine (Under4junior) à un rythme raisonnable regardant régulièrement nos chronos et notre allure afin de ne pas nous cramer dès le début.
J’ai choisi de ne pas mettre ma ceinture cardio d’une part pour éviter les éventuels frottements sur une si longue distance et surtout pour ne pas prendre trop peur en lisant les chiffres ! Mes temps au km me suffisent largement.
Les 10 premiers km sont agréables, nous échangeons nos impressions avec Damien. Doucement le stress retombe et je rente enfin dans ma course mais je me rends compte aussi que les jambes sont lourdes, impression de fatigue…. Je décide donc de ralentir un peu mon allure et laisse filer Damien en lui souhaitant une bonne course.
J’atteins Séné le premier ravito en 2h00. Quelques fruits secs, le plein du camel-bag et c’est reparti. Un ravito éclair comme j’ai l’habitude de les faire sauf que je ne suis pas sur une course normale et même si je garde une allure régulière ponctuée de quelques arrêts photo, je sens cette sensation de fatigue et de lassitude augmenter de plus en plus.
Je suis souvent seul ne trouvant pas de groupe correspondant à mon allure et les questions quand à ma faculté d’aller au bout se bousculent de plus en plus alors que l’on a même pas atteint le marathon et que je suis déjà cuit !!
Arrive enfin le 2eme ravito dans une salle communale surchauffée. On y sert soupe, pâtes, jambon, mais je ne pense qu’à prendre une bouteille d’eau et sortir m’asseoir un peu pour faire le point. On ne peut pas dire que je baigne dans l’euphorie. Je ne suis pas encore à la mi-course et j’ai déjà des idées d’abandon. Je sais aussi que le prochain ravito est à 20 bornes, au mieux dans 2 heures…Je repense alors à Airv44 qui nous racontait qu’au trail du Layon il avait connu un « trou » durant 2 h avant de continuer comme ci de rien était. Je me décide alors à repartir non sans avoir trouvé un peu de réconfort en téléphonant à ma femme et en lui disant que si j’atteins Sarzeau le plus dur était fait.
En route donc pour 20 bornes de galère.
La machine est dure à remettre en route. Je décide de prendre la méthode de Bruno et pendant 1 heure ça ne marche pas trop mal. Puis, les chemins laissent place à de la monotrace et je rencontre les « petits traileurs » du 56 km et je me rends compte alors qu’il y a surtout des marcheurs. Difficile alors de garder un rythme régulier à essayé de doubler continuellement en sortant de la trace, un coup à se tordre la cheville surtout que la luminosité baisse sérieusement maintenant.
Les périodes de marche augmentent régulièrement, les cuisses brûlent de plus de plus et il faut que je me fasse violence pour courir. Putain, qu’est-ce que je fous là !!
Je prends l’excuse de mettre ma frontale pour m’allonger un peu. Je suis à moins de 4 km du ravito et je profite d’un petit groupe auquel je m’accroche péniblement pour atteindre Sarzeau et son gymnase.
C’est là aussi que j’aperçois Damien assis sur le bord du trottoir et son abandon termine de m’achever !
Je décide de m’arrêter 1h.
Déjà bien manger ! Soupe, sandwich à la rosette coca tout ce qui me passe sous la main est bon à prendre.Je récupère ensuite mon sac d’assistance et m’allonge pendant une bonne demi-heure sur un lit. Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas le seul dans cet état et beaucoup cherche à se faire masser pour pouvoir récupérer un peu. Le temps passe et il faut quand même prendre une décision. Un bénévole explique à un de mes voisinsde « chambré » que le parcours qui nous attend est plus technique avec racines, branches, escaliers….Joli programme !
Minuit 15, il me reste 12h pour faire 30 bornes !
Après mettre changé de la tête au pied, je remets le camel-bag et la frontale et repart le couteau entre les dents !
Pour éviter de me retrouver seul trop vite je suis un petit groupe, bien pratique pour sortir de la ville sans se tromper. Les minutes passent et miracle les douleurs et la fatigue laissent place lentement mais sûrement au plaisir et à l’euphorie de se retrouver là. Je décide de profiter de ce bon moment et de courir le plus longtemps possible pendant que la route est encore roulante.
Les premières difficultés arrivent dès que l’on rejoint le bord de mer avec de nombreux escaliers irréguliers à descendre puis remonter immédiatement après, quelques passages sur du sable et principalement de la monotrace ce qui complique un peu les choses lorsque l’on veut doubler. Car bizarrement je double pas mal de monde et je m’aperçois que lorsque je suis en mode « course » j’ai toujours une allure d’environ 10 km/h. C’est donc plein d’espoir pour la suite que j’arrive à l’avant dernier ravito. Un petit quart d’heure de pose, de nouveau une soupe et me revoilà parti derrière un bon meneur d’allure.
Le parcours accidenté oblige à rester tout le temps vigilant et bouffe pas mal d’énergie.
Dernier ravitaillement : Même si la fin est proche, je m’accorde tout de même mon ¼ d’heure syndical !
Pratiquement 11 h de course et la fatigue est bien là. Il me faudra 10 bonnes minutes de marche et u bon coup de pied au cul pour me remettre à courir.
Encore quelques passages délicats, quelques bonnes montées et des escaliers que j’aime de moins en moins…Les km défilent lentement surtout que je me rallonge d’un petit km en faisant un petit tour en ville.
De retour dan le droit chemin, l’arrivée se fait désirer ! On entend le speaker, on voit de lumières mais le chemin est bien long. Je sais cependant que j’ai réussi à aller au bout de mon rêve t durant ces dernières foulées ma tête est en ébullition et ce n’est qu’une fois passé la ligne que je réalise vraiment que je viens de finir mon premier ultra.
Tout avait bien commencé avec une veille de course bien arrosée :
-le traditionnel chauffe gambette couru sous des trombes d’eau suivi un peu plus tard par la rencontre AE autour d’une bonne bière ! Encore une fois un vrai plaisir de recroiser Fab**** et ses précieux conseils et de mettre un visage sur des pseudos et connaître un peu mieux Berurier et on the road again .
Ma préparation s’étant passé sans encombre, les sensations étant bonnes, mon objectif avoué était de faire tomber mon record sur la distance de 3h30,40. J’étais encore plus motivé car c’était également ma dernière course dans cette catégorie et surtout mes 2 prochaines années seront consacrées à me préparer et me tester en vue du Grand raid de La Réunion en octobre 2011.
J’avais aussi un lièvre de choix avec Mario, mon fidèle binôme depuis 3 ans qui était lui aussi prêt à passer cette barrière symbolique des 3h30.
Après une semaine tempétueuse, le temps se calme relativement en ce matinal dimanche de novembre. Pas de pluie à l’horizon, seul le vent et ses rafales sournoises nous rappelle à son bon souvenir régulièrement.
-9h : Départ dans le 3eme sas ce qui permet de prendre rapidement un bon rythme de croisière (4mn57 dès le 2eme km). Arrêt pipi dans le 3eme kil (erreur de jeunesse au départ…) et on repart quelques secondes derrière le ballon des 3h30.On boucle les 5 premiers km en 26.28 (temps officiel) .
-5 au 10 km :Allure régulière (et peu être un peu rapide !) Entre 4,40 et 4,53 mais les bonnes sensations sont là et l’ambiance aussi alors…. Je suis quand même étonné de ne pas revenir plus vite sur le ballon même si on grignote notre retard petit à petit.
Passage au 10 en 50.45. On est dans les clous !
-10 au 15 km : Rapide salut à Fab**** que je vois au dernier moment et passage impressionnant place de Verdun avec un monde fou qui me donne encore des frissons ! C’est donc tout euphorique que l’on continu notre petit bonhomme de chemin et on rejoint le ballon ainsi..que son troupeau !! Je ne me souvenais plus pourquoi je n’aimais pas trop suivre des meneurs d’allure, maintenant je me rappelle ! C’est un peu la foire d’empoigne ! Tout le monde veut être à coté et c’est la « bagarre » pour garder sa place. Zig-zag permanent, passage sur les trottoirs, énervement.Puisque nous l’avions rattrapé, nous aurions pu le dépasser me direz-vous ! Seulement le bougre tournait assez vite lui aussi (entre 4.43 et 4.50 au kil) et aller un peu plus vite aurais été un suicidaire sachant que nous étions déjà dans la fourchette haute que l’on s’était donné. Nous avons donc pris notre mal en patience et suivi nous aussi le troupeau J
Passage au 15 en 1h 15,16.
-15 au semi : On attaque la partie de la boucle que j’apprécie le moins et encore plus cette année avec le vent. Pratiquement pas d’abris et une longue ligne droite plein vent. A ce moment, j’avoue que je suis content de pouvoir cacher mes 1m93 dans le groupe du ballon. De toute façon, il ne faibli pas l’allure le gaillard et l’on passe le semi en 1h45,05. Avec le retard sur la ligne, nous voilà avec un peu d’avance sur notre objectif.
-21 au 25 km : Ca m’agace de plus en plus de devoir slalomer être sans arrêt attentif à ce qui m’entoure. Seulement pas facile de sortir du groupe car la course commence maintenant et les cuisses commencent à durcir. On décide de profiter du ravito pour tenter de s’échapper de la meute qui nous entoure, chose faite après un ravito digne d’un arrêt au stand d’un grand prix ! Nous voilà enfin un peu plus libre !!
Passage au 25 en 2h4,11
-25 au 30 km : Euphorie de courte durée puisque le ballon et son attelage ne veut pas nous laisser filer ainsi et il profite d’un léger fléchissement de notre part dans la cote qui suit le tunnel pour revenir à notre hauteur ! Jamais y ralenti un peu ce gars !!J
En plus maintenant on reprend pas mal de coureur et ça commence à jouer de plus en plus le yo-yo au niveau de l’allure et comme dirait Helmut : « Ca m’énerve !! ». D’autant plus que je commence à m’apercevoir que je pioche moi aussi pour suivre l’allure.
Passage au 30 en 2h29,12
-30 au 35 km : Passage dans les parcs devant une foule digne du tour de France ! Ca booste même si je sens que mes forces s’amenuisent lentement mais sûrement. Va falloir aller le chercher ce chrono !!
Mario lui à l’air « facile » et dès le 32 eme je lui dis de ne pas m’attendre au cas où et malgré ces contestations et encouragements je lâche définitivement Panurge et ses moutons …mais par l’arrière. Il reste 8 bornes et le passage délicat des Minimes et même si je fais encore un peut illusion sur le vieux port en suivant quelques centaines de mettre le ballon bleu, je lâche prise au ravito et prends tout mon temps pour me ravitailler. J’ai beau me dire qu’à 5 mn du kil c’est encore jouable, je n’arrive pas à avoir de pensées positives pour me booster un peu.
Passage au 35 en 2h54,55
-du 35 à l’arrivée : Une nouvelle fois cette boucle du parcours sera un chemin de croix surtout qu’Eole nous envois ces plus belles rafales accompagnées de pluie en pleine face sur cette interminable ligne droite.
J’alterne course et marche en me donnant des repères avec les concurrents. Le chrono est devenu secondaire mais je me bats quand même histoire de faire mieux que mes 3h35 de l’année passée.
Je marche tout le long du ravito du 40 . Un petit effort et je longerai le port et son arrivée magique si euphorique l’an dernier mais cette année mes forces m’abandonnent totalement et je suis incapable de tenir un rythme correct malgré les innombrables encouragements. Passage devant les photographes officiels ( j’imagine le résultat !) Et je passe la ligne au ralenti, les pavés des derniers mètres auront eu raisons de mes dernières forces.
Je m’écroule sur une chaise ne pouvant plus tenir debout, j’ai rarement eu une t’elle fringale !
La poche de friandise que l’on me tend est rapidement avalée et après avoir retrouvé et félicité Mario qui descend son record en 3h29 (il a lâché le ballon dans les 2 derniers km), je retrouve bizarrement rapidement des forces malgré le froid qui me tiraille ( j’aurai d’ailleurs les mains bicolores : rouges jusqu’au phalanges et blanches jusqu’aux extrémités avec plus de sensibilité au bout des doigts pendant une bonne
heure) ce qui m’empêche de trouver le courage d’attendre les autres enduriens.
Temps officiel 3h34,35 Temps réel : 3h33,45
Petit coup de fil sympa de Fab pour prendre de mes nouvelles et me donner le résultat des copains et retour rapide à la maison. Les forces sont revenues et je ne suis même pas courbaturé, prêt à repartir !! Vraiment rageant ! Mais bon, c’est bon signe pour mes futurs objectifs J